Société
Des fois je saoule avec mes doutes existentiels (ne nie pas) quand je confie que j'en ai marre de me lever le matin, de mon boulot de secrétaire, marre d'être payé trois cacahuètes. Ras le bol d'être à l'écoute des bobos de la collègue, la misère de truc et les emmerdes de machin.
Des fois, je me dis que j'aurais bien envie de ne penser qu'à ma gueule (vous voyez de qui je parle ?)
Envoyer chier tout le monde, faire du fric tout plein et le craquer dans une super bagnole, une villa de rêve, un lcd de quatre mètres, un lecteur mp3 de la taille d'un timbre poste et des actions lagardère.
Ne compter sur personne, surtout pas sur mon voisin, foncer tête baissée en écrasant la gueule de ceux qui se trouveraient malencontreusement sur mon passage, me dire que la plupart des chômeurs sont des branleurs assistés qui profitent du système, que tous les immigrés sont des terroristes potentiels, que la délinquance est le cancer des sociétés modernes et qu'il faut l'éradiquer en foutant tout le monde en taule.
Me vautrer devant la télé et gober complaisamment tout ce qu'on me raconte, éviter de me poser la moindre question qui n'ait pas de rapport direct avec ma thune, mon confort personnel, mon prochain voyage et la place de parking réservée dans ma résidence que le voisin d'à côté n'arrête pas de squatter (faudra que je pense à le signaler à la gendarmerie).
Me dire que oui, la société est une putain de jungle et que si tu n'adoptes pas la loi du plus fort, tu te feras bouffer, alors autant être celle qui dégaine la première, laisser la place de la gazelle et devenir le lion.
Je regarde autour de moi et je ne vois qu'un monde de crasse, des millions de malheureux connards trop occupés à se bouffer la gueule.
Après tout, les Français ont placé à la tête de leur Etat le plus beauf, le plus inculte, le plus cupide et le plus méprisant d'entre eux. Et ne me demandez pas malicieusement si je ne serais pas en train de virer communiste, parce que le petit facteur et l'assassin qu'il a récemment embauché pour son futur parti glauque ne me font pas frissonner les ovaires pour autant. Je me méfie d'Arlette et de sa secte comme de la peste.
Alors quand je redescends un peu sur terre après ma crise d'effroi, ça me fait comme une grosse baffe dans ma tronche.
Je pense à mes ami(e)s, à la maladie d'une telle, aux tentatives de suicide d'une autre, et puis je pense à ma fille qui en chie de la séparation papa maman, je pense à mon chat que je ne reverrais surement plus. Je pense aux ami(e)s étouffé(e)s par le boulot bien payé mais totalement dépourvu de sens. A la vie de couple de merde de certains ... a la famille qui jointe pas les deux bouts pour bouffer normalement ...
Alors après tout ça, je vais me mettre sur la terrasse en face de mon olivier et d'un rosier en fleur, et je regarde bêtement les bourdons du coin s'affairer à récolter leur pollen.
J'aime bien les bourdons, ça pique même po, mais quelque part, ça me fait de la peine vue que ça passe sa vie à s'épuiser autour du pistil du matin au soir, et puis très vite, ça crève dans la totale indifférence.
En fait, j'ai pas envie d'être un bourdon.

Commentaires
Koryn site : http://kory.blog4ever.com/ | le 30/07/2008 à 13:31:56tu crois ça??? enfin chacun vois
Vérane site : vevido.over-blog.com | le 15/07/2008 à 16:03:26
mais au moins le bourdon, il a l'impression d'être utile, il fait partie d'une organisation plus grande où chacun à sa place et son rôle à jouer, chaque individu à son importance même si au final quand il meure il est remplacé, c'est bien vrai!
dans notre société si tu creve toutle monde s'en fout et puis on se demande souvent qu'elle est notre place au final